Et si on perdait du poids sans régime !

Avec le retour de l’été, les magazines afficheront bientôt leurs couvertures vantant le dernier régime à la mode et la promesse d’un corps idéalisé.

Il est loin le temps où l’homme mangeait juste à sa faim, et courait pour survivre ! Aujourd’hui, nous nous déplaçons en voiture, nous vivons dans des appartements surchauffés, nous commandons nos courses depuis notre canapé, nous faisons livrer nos repas mais nous avons la conscience tranquille car les livreurs sont à vélo…Petit à petit, nous devenons de plus en plus sédentaires. Une étude mondiale de l’OMS montre qu’une femme sur 3 et un homme sur 4 n’ont pas assez d’activité physique pour rester en bonne santé !

En parallèle nous mangeons de plus en plus gras mais surtout de plus en plus sucré. Paradoxalement, face à cette abondance de calories, notre assiette apporte de moins en moins de nutriments. Les fruits, légumes et céréales ont peu à peu perdu leurs valeurs nutritives à la suite des trop nombreuses manipulations génétiques, les aliments ultra transformés que l’industrie nous propose apportent surtout des « calories vides ». Ainsi, nous consommons de plus en plus de calories et nous grossissons à vue d’œil, mais nous sommes de plus en plus carencés, c’est un comble !

Le changement de nos modes de vie est allé très vite au regard de l’évolution, l’homme n’a pas encore eu le temps de s’adapter. Nos gènes sont ainsi toujours programmés pour stocker du gras, en prévision d’une famine ! Et ils font cela si bien qu’en France, un adulte sur deux est en surpoids ou obèse.

Pendant des années, on nous a expliqué que la disparition de nos petits bourrelets passait par une réduction calorique associée à une activité physique. Ce discours est aujourd’hui totalement dépassé, et la science a montré que le surpoids était un phénomène bien plus complexe et souvent multifactoriel. Equilibre hormonal et psycho émotionnel, sommeil, prise de médicaments, stress, déséquilibre de la flore intestinale sont autant de facteurs impactant notre poids.

Avant de balayer les raisons du surpoids, intéressons-nous plus précisément aux cellules de notre gras : les adipocytes

Les pouvoirs insoupçonnés de notre gras 

Notre graisse est encore assez méconnue par les scientifiques. De récentes études lui prêtent des facultés étonnantes, qui sont autant de pistes intéressantes pour lutter contre le surpoids et l’obésité.

On a ainsi découvert qu’il existait différents types de tissus adipeux et que certaines graisses, brunes et beiges pour ne pas les citer, seraient même bénéfiques pour la santé 

Notre tissu adipeux serait ainsi composé de 3 types de graisses :

Le tissu adipeux blanc, principale réserve de graisse de l’organisme, représente environ 20% du poids d’un adulte.  Mais même si vous ne l’aimez pas d’amour, il est essentiel pour notre organisme. Petit à petit on découvre qu’il jouerait des rôles jusque-là insoupçonnés :

C’est avant tout un réservoir d’énergie facilement mobilisable

Il joue un rôle dans le métabolisme des glucides et des lipides. Et quand le gras ne peut pas aller dans les cellules adipeuses, il va se coller ailleurs, par exemple dans le foie (Maladie du foie gras ou NASH), ou reste dans le sang.

Notre gras participe également à l’envoi de messages à notre cerveau via des adipokines, notamment pour réguler la faim (ex : production de leptine, l’hormone de la satiété).

Il papote également avec notre microbiote, pour lui parler immunité entre autres.

Il participe à notre fertilité et permet la reproduction via la transformation des hormones androgènes en œstrogènes – La quasi-absence de masse grasse entraine d’ailleurs souvent la disparition des menstruations. A l’inverse, les femmes obèses ont souvent des cycles perturbés.

Il stocke les polluants, les toxines et les médicaments. Quand la cellule se vide d’un coup, il y a donc relargage dans la circulation. Certains chercheurs avancent même l’idée que le tissu adipeux jouerait un rôle protecteur en mettant  les molécules nocives à l’écart. La prise de poids serait peut-être alors un mécanisme de protection de notre organisme… On ne va plus regarder notre petit bourrelet du même œil 😉

C’est aussi un lieu de stockage pour la vitamine D. Cela expliquerait peut-être pourquoi les personnes obèses sont souvent carencées : la vitamine D, piégée par le tissu adipeux en excès ne peut plus circuler dans le sang.

Le tissu adipeux brun produit de la chaleur en brulant ses graisses. Il est présent chez les mammifères qui hibernent mais aussi chez les nouveaux nés. Chez l’homme adulte, il se trouve principalement dans le cou, au-dessus des clavicules, près de la colonne vertébrale et du cœur. Sa particularité est de contenir un nombre important de mitocondries, ces petites usines qui produisent de l’énergie à partir du gras et du sucre. On sait aujourd’hui que lorsqu’on est exposé au froid (à partir de 18 degrés Celsius), la graisse brune consomme une quantité importante d’énergie et déstocke plus rapidement la graisse.

On peut donc commencer par diminuer la température dans notre chambre, et pourquoi pas pratiquer la douche écossaise en alternant douche froide/chaude. Un peu de courage ! Commencez doucement, à la fin de votre douche, avec un jet de plus en plus frais, en partant des jambes, et en remontant chaque jour un peu plus. En quelques jours, cela fera partie de votre routine beauté. En plus, vous sortirez de votre douche avec un regain d’énergie et une circulation sanguine au top !

Le tissu adipeux beige, est situé dans le tissu adipeux blanc – Ses adipocytes peuvent évoluer et passer de blanc à brun, en fonction de notre mode de vie et des facteurs métaboliques. C’est ainsi que certaines personnes grossissent même en mangeant peu, leur métabolisme a tendance à stocker au niveau du tissu adipeux. D’autres, au contraire, ne grossissent jamais quoiqu’elles mangent car leur tendance est au catabolisme des graisses.

Avant d’essayer de perdre du gras, peut-être pouvons-nous tenter de ne pas trop en fabriquer. Pour cela, essayons de mieux comprendre comment le tissu adipeux blanc se développe.

Comment notre tissu adipeux blanc se développe-t-il ? : la lipogenèse

Le corps d’un adulte est constitué d’environ 25 milliards de cellules adipeuses qu’on appelle les adipocytes. Ces cellules ont la particularité de se développer au grès de notre alimentation, de notre hygiène de vie et de nos émotions de deux manières différentes :

  • Nos cellules adipeuses gonflent en se gorgeant de gras : on parle alors de croissance par hypertrophie. Elles peuvent prendre jusqu’à 15 fois leur volume avant de se diviser par mitose – C’est notamment le cas quand on accumule trop de triglycérides. A l’inverse, ce sont ces mêmes adipocytes qui vont se vider pour fournir de l’énergie.
  • Les adipocytes peuvent aussi recruter de nouvelles cellules afin de se développer et ainsi croitre en nombre. On parle alors de croissance par hyperplasie. C’est notamment le cas s’il existe un déséquilibre hormonal, un stress chronique, ou un déséquilibre lipidique.

Or une fois que l’adipocyte a été recruté, on ne pourra pas s’en débarrasser si facilement. C’est la raison pour laquelle il est essentiel de ne pas laisser le surpoids s’installer et de réagir rapidement dès les premiers petits kilos, surtout pendant l’enfance. Plus le gras est ancien et plus il est difficile à déloger !

Le surpoids entretient l’inflammation…et vice versa

En plus des adipocytes, notre tissu adipeux est constitué de cellules vasculaires, de terminaisons nerveuses, et de cellules du système immunitaire. Les macrophages de notre système immunitaire, sont attirées dans le tissu adipeux. Ils libèrent des molécules pro-inflammatoires autour des adipocytes, comme si c’étaient des corps étrangers puis, se généralisent dans le corps, entrainant une inflammation chronique (dit de « bas grade » ou à « bas bruit »)

Il est donc très intéressant de travailler sur l’inflammation quand on souhaite perdre du poids, notamment en rééquilibrant la balance oméga 3/oméga 6 car les oméga 3 sont anti-inflammatoires !

Pour perdre notre gras, consommons du bon gras !

Les oméga 3 sont des acides gras essentiels : notre corps ne sait pas les synthétiser, nous devons donc les apporter autrement notamment via l’alimentation.

Ils contiennent 3 acides gras : l’ALA (acide alpha linoléique), le DHA (acide docosahexaénoïque) et l’EPA (acide eicosapentaénoïque). On trouve l’ALA principalement dans les végétaux comme les graines de lin moulues, les huiles de noix, de colza, ou de caméline mais aussi les graines de chia (notre pécher mignon !)

Alors que la DHA et l’EPA proviennent surtout dans de sources animales comme les petits poissons gras (maquereaux, anchois, sardines, harengs, les huiles de poissons), et des algues.

De nombreuses études ont montré que les omega3 permettaient d’activer la perte de poids car ils favoriseraient l’oxydation des graisses et accélèreraient leur élimination.

Pour améliorer votre profil lipidique, en plus de consommer de bons omega3, vous pouvez également diminuer votre consommation d’Oméga 6 de manière à revenir à un ratio idéal de 1:1. Nous ingurgitons 15 fois plus d’Oméga 6 que d’Oméga 3, avec les conséquences désastreuses que cela peut avoir sur notre système cardiovasculaire. Les oméga 6 sont présents dans les céréales, les graines, les oléagineux (noix, pecan, pistaches amandes, cacahouètes, noisettes), les huiles et matières grasses végétales (huile de tournesol, de mais, de soja, margarine, …)

En haut ou en bas, tous les gras ne se valent pas ! 

Les femmes rêvent souvent de perdre des fesses ou des cuisses, mais ce sont les seins et le ventre qui fondent en premier !  En effet, le tissu adipeux blanc ne réagit pas de la même manière selon l’endroit du corps où il se situe, nous ne perdons pas de gras de manière homogène.

La graisse viscérale profonde, située au niveau de l’abdomen, est très vascularisée et innervée. C’est une graisse réactive formée de gros adipocytes qui peuvent se vider facilement. En revanche, ce sont ces mêmes adipocytes qui vont libérer des acides gras dans le sang, et être la cause de nombreux problèmes de santé (diabète, mauvais cholestérol, hypertension artérielle…).

La graisse sous cutanée abdominale (notre petit bourrelet mou), se situe quant à elle en surface, au niveau du ventre, des fesses et des cuisses. C’est une graisse peu vascularisée et peu innervée, qui nous sert de réserve d’énergie. Elle est plus difficile à perdre car elle libère peu de graisses en cas de régime. Mais elle est plutôt inoffensive, voir même bonne pour notre moral !

Si l’excès de poids est néfaste pour la santé, le tissu adipeux est aussi essentiel à notre survie. Tentons de vous réconcilier avec vos bourrelets car loin d’être un corps mou et disgracieux, le tissu adipeux cache bien ses secrets.

Etes-vous en surpoids ou en obésité ?

La mesure de l’IMC (Indice de Masse Corporelle) permet de trancher sur cette épineuse question ! Si le rapport entre votre poids (en kg) divisé par votre taille au carré est compris entre 25 et 30, vous êtes en surpoids – S’il est supérieur à 30, vous souffrez d’obésité.

La mesure du tour de taille est également intéressante car elle permet de mettre le doigts sur un éventuel syndrome métabolique. L’obésité abdominale (le fameux ventre en forme de pomme) est plutôt fréquente chez les hommes et se caractérise par un tour de taille élevé et un tour de hanche « normal ». On considère une personne à risques si son tour de taille dépasse 94cm chez l’homme et 80 cm chez la femme.

Les effets du surpoids sur notre santé

Loin de vouloir vous culpabiliser, il est essentiel de rappeler que le maintien d’un poids de forme est primordial, quel que soit votre âge, et cela va bien au-delà de l’aspect esthétique. C’est avant tout une nécessité pour la santé au global car le surpoids peut entrainer des dérèglements importants notamment :

  • Du diabète de type 2 : l’insuline n’agit plus correctement, l’utilisation du glucose par les cellules est perturbée, et provoque une augmentation du glucose dans le sang
  • De l’hypertension artérielle et l’athérosclérose en raison d’une inflammation des artères (voir ci-dessous : pourquoi parle-t-on de bon ou mauvais cholestérol)
  • Des maladies hépatiques comme la maladie du foie gras ou NASH
  • Des maladies rénales chroniques
  • Des cancers (du sein, de l’utérus, du foie)
  • Des maladies respiratoires comme l’apnée du sommeil, l’hypoventilation
  • Des troubles hormonaux (perturbation du cycle menstruels des femmes)
  • Des maladies articulaires comme l’arthrose, en raison de surcharge sur les os et les articulations
  • Des reflux gastroœsophagiens et de l’acidité gastrique
  • Des problèmes dermatologiques de type mycose ou psoriasis
  • Des insuffisances veineuses

Pourquoi parle-t-on de bon et de mauvais cholestérol ?

Les molécules de LDL transportent le cholestérol du foie vers les cellules, et ont tendance à se stocker sur nos artères, pouvant à terme, les obturer. C’est le « mauvais cholestérol »

Les molécules de HDL font le chemin inverse, elles transportent le cholestérol des cellules vers le foie, et « nettoyant » nos artères au passage. C’est la raison pour laquelle on dit que c’est du « bon cholestérol ». Mais dans le corps, le LDL et le HDL forment une boucle et fonctionnent ensemble.

Les triglycérides quant à eux sont des graisses constituées essentiellement d’acide gras venant de l’alimentation

Alors pourquoi a-t-on un excès de mauvais cholestérol ? On sait aujourd’hui que seul 20% du cholestérol provient de l’alimentation, notamment  l’excès d’acide gras saturé présent par exemple dans la viande, la charcuterie, le fromage …. C’est notre foie qui produit les 80% restants ! Lors de votre rendez-vous avec votre naturopathe, n’hésitez pas à lui indiquer si vous avez du cholestérol, il vous aidera à remettre de l’ordre dans votre profil lipidique de manière naturelle.

Pourquoi grossissons-nous (même avec une hygiène de vie au cordeau) ?)

Au-delà d’un déséquilibre de l’alimentation, et d’une trop grande sédentarité, il existe plusieurs pistes à explorer pour perdre du poids de manière pérenne. Il est important d’agir sur les différents facteurs qui favorisent la prise de poids et de chercher la ou les causes du déséquilibre. Face à cette enquête minutieuse, il n’y a pas de recette applicable par tous, seul un suivi individualisé sera efficace.

Le facteur héréditaire n’est pas une fatalité

Il existe des familles entières en surpoids et au contraire des familles entières de filiformes. Pas étonnant quand on sait que nous transmettons à nos enfants les gènes codants pour la leptine (l’hormone de la satiété), la lipogenèse (fabrication des adipocytes) et la lipolyse (dégradation des lipides). Mais notre hygiène de vie (alimentation, sédentarité, stress, sommeil…) joue un rôle majeur dans le développement du surpoids et de l’obésité, il est donc important de ne pas laisser le surpoids s’installer, dès le plus jeune âge, et de faire de la prévention.

 

L’effet yoyo, ou comment les régimes nous font grossir !

A l’approche de l’été, vous êtes tenté de perdre rapidement quelques kilos ? On préfère vous mettre en garde : la pire chose à faire quand on veut perdre du poids est de faire un régime ! Car en cas de restriction alimentaire, notre corps est programmé pour s’adapter en dépensant moins. C’est comme cela, c’est inscrit dans nos gènes, et c’est vital pour survivre aux périodes de famine (Même si la dernière famine date un peu, et heureusement)

En cas de perte de poids rapide, nos cellules graisseuses vont dégonfler d’un coup afin de libérer de l’énergie, mais elles seront toujours présentes, prêtes à regonfler dès que l’apport de calories reprendra normalement. Ces restrictions sévères (moins de 1000 calories), vont obliger le corps, dans un premier temps, à puiser son énergie dans les muscles, puis dans la masse grasse. Ainsi une perte de poids de 5 kg correspond à la perte d’environ 3 kg de muscles contre 2 kg de gras. Notre corps sort donc toujours moins musclé et plus gras, et va dépenser moins d’énergie car notre métabolisme s’est adapté en se mettant en « sous régime ». On considère qu’une personne qui a perdu 10% de son poids brulera environ 400 calories de moins par jour suite au ralentissement de son métabolisme.

Entre deux régimes, on aura perdu du muscle et fabriqué du gras ! C’est ce qu’on appelle l’effet yoyo

La prise de poids sur le long terme est toujours sur le même modèle : on mange plus qu’on ne dépense, on prend un peu de poids, on fait un régime, qui va conduire à une perte de muscles et une prise de gras, le métabolisme se met au ralenti, et nous fait dépenser moins d’énergie. Au final, régime après régime, on devient gras et mou .. Il est donc grand temps d’arrêter les régimes car quoi qu’en disent les magazines, 80% des régimes sont des échecs à moyen et long terme !

La privation des régimes entraine aussi une absence de plaisir, vécue comme un stress par l’organisme. Le corps va ainsi libérer plus de cortisol, l’hormone du stress, ce qui aura pour effet d’amplifier votre envie de compenser avec de la nourriture… le cercle infernal se met en marche : frustration/grignotage/prise de poids/régime/frustration … etc

Autres effets délétères des régimes sur la santé : le relargage de toxines dans la circulation. En effet, une des nombreuses fonctions du tissu adipeux blanc est de stocker les toxines. En cas de perte de poids rapide, nos cellules graisseuses se vident et rejettent ainsi dans la circulation les toxines qu’elles gardaient à l’écart.

Enfin les régimes peuvent aussi être la cause d’apparition de troubles du comportement alimentaire, comme le grignotage, la boulimie, l’hyperphagie (manger trop), ou encore l’orthorexie (obsession pour les aliments sains).

Méfiance donc, particulièrement avec les enfants et adolescents. Même s’il est vrai qu’il faut éviter que les kilos s’installent dès le plus jeune âge, les régimes ne sont pas la solution, et la mise en place d’une vraie hygiène de vie permettra de se débarrasser en douceur des premiers kilos.

Les effets indésirables des médicaments (ou effets iatrogènes)

Si aucun médicament à ce jour ne fait perdre du poids (méfiez-vous des pubs qui vous disent le contraire !), en revanche beaucoup nous en font prendre ! C’est notamment le cas des anti-dépresseurs, antipsychotiques, des régulateurs d’humeur, des anti-diabétiques, des oestroprogestatifs (la pilule par exemple), des antiépileptiques…

De même, la consommation de corticoïdes, sur le long terme, participe au stockage du gras, particulièrement sur le haut du corps – Pour palier à cela, il vaut mieux éviter de manger trop salé car les corticoïdes favorisent la rétention d’eau. Là encore, réagissez dès les premiers kilos pour ne pas laisser le gras s’installer.

Le stress fait-il grossir ?

Si vous pensez manquer de volonté parce que vous craquez sur la tablette de chocolat à la moindre contrariété, on va vous faire déculpabiliser, lisez bien ce qui suit 😊

En cas de stress chronique, nos surrénales, ces petites glandes situées au-dessus des reins, secrètent une hormone appelée le cortisol. Celui-ci, en grande quantité va avoir un réel impact sur notre prise de poids via différents mécanismes :

  • Il favorise le stockage des graisses via la production d’insuline, pouvant conduire à terme à une résistance à l’insuline (voir ci-dessous)
  • Il stimule une lipoprotéine qui accroit le stockage des graisses au niveau abdominal, de manière à pouvoir déstocker de l’énergie rapidement en cas de besoin
  • Il envoie des signaux à notre cerveau pour consommer plus d’aliments associés au plaisir (sucre, gras, alcool) et ainsi libérer de la sérotonine (hormone du plaisir)
  • Il va à l’encontre de la leptine, l’hormone de la satiété : nous avons souvent plus d’appétit en cas de stress
  • Il favorise une perte musculaire au profit du tissu adipeux

Une bonne stratégie anti-kilos régulera le stress chronique s’il existe. La pratique de la cohérence cardiaque a fait ses preuves, en synergie avec l’utilisation de plantes, parlez-en avec votre thérapeute.

Et si vous étiez résistant à l’insuline …

L’insuline est une hormone secrétée par le pancréas qui agit un peu comme une clé : elle permet de faire entrer le glucose dans les cellules afin qu’elles produisent de l’énergie.

Or quand notre métabolisme de base fonctionne au ralenti (par exemple à la suite des régimes répétés), la sensibilité du récepteur à l’insuline diminue puisqu’on marche à l’économie. Si en plus, on consomme beaucoup de glucides, on aura une surproduction d’insuline, même si les récepteurs sont de moins en moins captifs. A cela pourrait s’ajouter une inflammation de bas grade qui peut endommager les récepteurs à l’insuline, conduisant le pancréas à produire de plus en plus d’insuline …avec à terme un risque d’épuisement… Ce cercle vicieux va rapidement augmenter le stockage des graisses et conduire à une prise de poids.

La faute à un déséquilibre hormonal ?

Mais d’autres hormones peuvent influencer une prise de poids, surtout sans raison apparente (si vous mangez équilibré et que vous pratiquez une activité physique régulière notamment), ou de façon soudaine.

Les hormones féminines interviennent dans le stockage des adipocytes notamment au niveau des glandes mammaires, des cuisses et des fesses, …bref au niveau de ce qui fait notre féminité ! Les œstrogènes aident ainsi les adipocytes immatures à se transformer en adipocytes – C’est la raison pour laquelle la puberté, période de forte œstrogènie, favorise souvent la prise de poids.

A l’inverse, lors de la ménopause, les hormones sexuelles féminines diminuent en faveur de la testostérone. La graisse se repartie alors de manière différente, migrant des fesses et des cuisses vers le ventre – Si on rêvait de perdre des fesses, ça c’est fait ! Mais le risque est aussi de gagner une petite bouée si on ne prend pas garde 😉

D’autres déséquilibres hormonaux peuvent conduire à une prise de poids, c’est notamment le cas de l’hypothyroïdie et de la maladie auto-immune d’Hashimoto. Là encore le métabolisme se met à fonctionner au ralenti, et conduit à stocker…

Là encore, votre naturopathe pourra vous guider vers l’homéostasie en vous aidant à retrouver un équilibre hormonal notamment en cas de puberté et de ménopause.

Perturbateurs endocriniens : et si c’était le plastique ?

Puisqu’un dérèglement hormonal peut entraîner des conséquences sur notre prise de poids, il est facile de comprendre que tout facteur influençant nos hormones sera donc à prendre en compte. Sur ce point, les perturbateurs endocriniens sont souvent les grands oubliés. Mais de récentes études ont montré qu’en modifiant le fonctionnement de certaines hormones, les perturbateurs endocriniens perturbaient le mécanisme de régulation des glucides et des lipides, voire de l’appétit et de la satiété.

C’est notamment le cas des phtalates (présents par exemple dans le plastique, les emballages alimentaires et les cosmétiques) qui bloqueraient la perte de poids. Ceci expliquerait en partie l’épidémie d’obésité infantile, les enfants sont en contacts réguliers avec des jouets venus du bout du monde et autres objets plastiques qu’ils portent à leur bouche à longueur de journée.

Le sommeil, notre allié anti-kilos

En cas de déficit de sommeil, le corps ralentit son métabolisme de manière à s’économiser et ainsi nous fait stocker du gras. La fatigue nous pousse aussi à manger plus gras et plus sucré, explosant ainsi le compteur des calories …et notre système digestif par la même occasion !

Enfin le manque de sommeil et la fatigue sont nos pires ennemis quand il s’agit de pratiquer une activité physique. Si on ne dort pas assez, on manque d’énergie, et on repousse à demain, on prend plus la voiture pour se déplacer …. Le manque d’exercice qui en découle va nous faire stocker du gras – CQFD

La prise en compte du facteur sommeil n’est donc pas à prendre à la légère si vous envisagez de perdre du poids

Et si c’était notre microbiote le responsable ?

Au-delà des prédispositions génétiques, de l’alimentation et de l’hygiène de vie, la composition de notre microbiote joue également un rôle essentiel dans le surpoids.

Des expériences menées sur des rongeurs se sont révélées tout à fait étonnantes : si on transfère le microbiote de souris obèses à des souris minces, elles deviennent obèses en 15 jours ! A l’inverse, les souris obèses qui reçoivent du microbiote de souris minces perdent rapidement du poids…Le microbiote jouerait donc bien un rôle dans la  prise de poids

 

Le microbiote représente l’ensemble des organismes (bactéries, levures, champignons, parasites, virus) vivant dans un environnement spécifique. Le plus étudié, le microbiote intestinal peuple notre tube digestif, en grande partie au niveau du colon. Mais il existe d’autres microbiotes au niveau buccal, vaginale, ou cutané par exemple… Au total, notre microbiote représenterait entre 1 et 2 kg d’organismes vivants, qui cohabitent dans notre organisme. Quand les bactéries de notre microbiote sont en équilibre (aussi bien en quantité qu’en variété), on parle de microbiote en « eubiose ». A l’inverse en cas de déséquilibre on parle de « dysbiose ».

Le microbiote est largement influencé par les premiers mois de la vie. Selon une étude, des enfants qui ont pris des antibiotiques avant l’âge de 6 mois avaient une masse corporelle plus importante par la suite car ces médicaments, en détruisant les germes dangereux, détruisaient aussi une partie de leur microbiote. Le fait d’être né par voie basse semble également avoir un impact positif, de même que l’alimentation par l’allaitement dans les premiers mois de la vie

Par la suite, une bonne hygiène de vie permettra d’éviter la prise du poids pendant l’enfance. Car plus le poids s’installe tôt, et plus il sera difficile à déloger : donc chez les plus jeunes, pensons prévention, prévention et prévention !

Comment notre microbiote influerait-il notre prise de poids ?

Différentes hypothèses sont avancées par les scientifiques pour expliquer le lien entre un dérèglement du microbiote et le surpoids. C’est donc une piste intéressante à creuser notamment si vous avez une hygiène de vie au cordeau et que vous n’arrivez pas à perdre un gramme !

Plusieurs études montrent que le microbiote intestinal des personnes obèses serait majoritairement en « dysbiose », il serait notamment moins diversifié que chez des sujets « sains ».

Un déséquilibre entre certains types de bactéries entrainerait également une capacité accrue d’absorption des calories au niveau de l’intestin grêle. Cette plus grande absorption se traduirait par une prise de poids supérieure à alimentation égale.

Une autre étude montre qu’une catégorie de bactéries pourrait moduler l’expression des gènes qui régulent le métabolisme des lipides et influer ainsi sur l’élimination ou au contraire sur le stockage des graisses dans le tissu adipeux.

Le microbiote est aussi le grand régulateur de notre appétit. Notre flore intestinale communique continuellement avec notre cerveau via des neuromédiateurs tels que la ghréline (hormone de la faim) et la leptine (hormone de la satiété). Certaines de nos bactéries pathogènes, comme le Candida Albican, se nourrissent de sucre. Si elles prennent le dessus, notre microbiote va envoyer à notre cerveau un message demandant du sucre en grande quantité – Et oui, vos fringales de fin de journée pourraient être directement liées à un déséquilibre de notre microbiote et ne pas juste découler d’un manque de volonté !

En cas de surpoids, notre barrière intestinale est souvent abimée par l’inflammation de bas grade, en plus d’avoir un microbiote en dysbiose… Dans une volonté de perte de poids et de retour à la santé globale, il peut être intéressant de limiter les aliments qui génèrent de la porosité intestinale, comme le gluten (présent surtout dans le blé, mais aussi l’orge, le seigle, l’avoine), les produits laitiers et les produits industriels, au moins sur quelques semaines. En parallèle, n’hésitez pas à consommer du cru à chaque repas, car les fibres forment le terreau pour fabriquer le butyrate, qui nourris nos cellules intestinales.

Votre naturopathe saura vous accompagner et vous proposer une alimentation adaptée à votre digestion, tout en aidant à la régénération de votre barrière intestinale, en fonction de vos besoins et de contraintes. Les probiotiques naturels, comme le kéfir ou le kombucha, pourront également vous aider en cas de dysbiose.

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Avant de vous lancer

  • Soyez patient, ce petit bourrelet à sans doute mis plusieurs mois avant de s’installe … il en faudra au moins autant pour s’en débarrasser ! Ne perdez jamais de vue que toute perte de poids trop rapide entrainera irrémédiablement une prise de poids ++ par la suite.
  • Changez vos habitudes alimentaires progressivement. Inutile de vouloir tout changer du jour au lendemain, c’est l’échec assuré. Suivez la technique des « petits pas » 
  • Soyez doux avec vous, ne vous stressez pas, accordez-vous des moments entre amis pendant lesquels vous craquerez peut-être mais surtout ou vous rirez beaucoup. Dites-vous que si vous faites attention 80% du temps, c’est déjà énorme
  • Ecoutez-vous, ne vous obligez pas à faire quelque chose si vous n’avez pas envie de le faire – il n’y a pas une seule technique pour se débarrasser de ses kilos mais une multitude de petites choses à changer, trouvez celles qui vous conviennent
  • Ne vous lancez pas dans une perte de poids si vous êtes très fatigué(e). Dans ce cas, votre priorité est de vous remettre d’aplomb en boostant votre énergie vitale, pour ensuite s’attaquer à vos kilos.
  • Retrouver le plaisir de manger en conscience, écoutez vos sensations et adoptez un rapport plus instinctif à la nourriture. Vous avez faim ? Il est l’heure pour vous de passer à table – Il est l’heure de manger et vous n’avez pas faim ? Ecoutez vous et passez votre tour ! En prévision, ayez toujours avec vous un en-cas qui vous calera jusqu’au prochain repas si besoin (des fruits avec des oléagineux par exemple)
  • Le bonheur avant tout ! Dites-vous que la clé de votre bonheur ne passe pas par vos mensurations, n’hésitez pas à travailler en parallèle l’acceptation et l’estime de soi

 

(Re)Mettez-vous en mouvement avec plaisir !

L’activité physique est essentielle, pas seulement dans le cadre d’une perte de poids. Elle permet de réguler le stress, d’évacuer les toxines, de réguler votre tension artérielle, de booster votre immunité, de renforcer votre cœur et vos os, d’avoir un sommeil profond et d’etre moins fatigué… La liste est encore longue alors on chausse ses baskets et on se (re) met en mouvement en pratiquant une activité à raison d’au moins 2 fois par semaine pour commencer. Le secret c’est d’y aller progressivement, l’objectif n’es pas de bruler des calories mais de se faire plaisir ! Choisissez donc une activité que vous aimez et casez-là dans votre agenda de manière officielle !

Choisissez l’intensité de votre activité en fonction de vos capacités et de votre état de santé, tout le monde n’a pas besoin de faire du footing !  Par exemple la marche nordique est une activité douce, à petit budget, qui convient à tout le monde et qui se pratique partout et à tout moment de la journée.

Mais se remettre en mouvement passe aussi tout simplement par des petits efforts quotidiens, comme prendre les escaliers au lieu de l’ascenseur, descendre une station de métro avant sa destination, choisir de marcher au lieu de prendre les transports, se mettre au jardinage, danser chez soi, mettre la musique pour virevolter en passant l’aspirateur… Bref nous avons tous l’occasion de bouger plus si on accepte de sortir un peu de notre zone de confort 😉

Relancez vos émonctoires 

Si vous souffrez de surpoids, vos toxines sont probablement mal éliminées par vos émonctoires, notamment par les reins et l’axe foie/intestins. Elles s’accumulent dans le tissu adipeux blanc. Il est donc essentiel de solliciter vos émonctoires, en étant accompagné pour ne provoquer un relargage de toxines. Mais de vous-même, vous pouvez déjà tout simplement consommer des aliments soufrés comme le brocoli, l’ail, les radis, les oignons, ainsi que les plantes drainantes. Combattez la constipation si elle existe, et surveillez du coin de l’œil tous les signes d’un foie surchargé (mauvaise haleine, langue chargée, teint brouillé, poche sous les yeux). Les toxines s’évacuent également par la peau, alors transpirezzzzzzzzzzzzzz !

Forcez sur les antioxydants 

Le stress oxydatif est créé par un excès de radicaux libres et/ou un manque d’antioxydants. Celui-ci va détériorer les membranes cellulaires, l’ADN et les protéines cellulaires, en faisant vieillir nos cellules prématurément. Il va aussi détruire les récepteurs à l’insuline. En cas d’obésité ou de surpoids, l’inflammation et le stress oxydatif forme un duo très destructeur, il est donc essentiel d’accroitre les antioxydants notamment les vitamine C, E et les polyphénols. La consommation de fruits et légumes crus et de céréales complètes, de préférence bio et de saison, vous permettra de faire le plein des nutriments nécessaires pour combattre le stress oxydatif.

Vous l’avez compris, le surpoids est souvent multifactoriel et nécessite une adaptation de votre hygiène de vie globale. Votre alimentation, votre activité physique, le stress, le sommeil, votre équilibre hormonal, vos intestins …Autant de facteurs qui font que chacun est différent et qu’une approche individualisée est la clé de la réussite. Lors de votre rendez-vous avec votre naturopathe, celui-ci passera en revue vos habitudes de vie de manière à trouver la ou les causes de vos déséquilibres. Il vous proposera donc des solutions individualisées, naturelles et non invasives, de manière à avoir des résultats pérennes sur le long terme.

Carole Cesson , Naturopathe formée à ISUPNAT

” Quand j’ai découvert la naturopathie, tout est devenu évident : mes erreurs de vie, les raisons de mes problèmes de santé et de mon errance médicale, les sources de ma fatigue. C’est en entrant à ISUPNAT pour suivre le parcours intensif sur 12 mois que j’ai pris pleinement conscience de la puissance de notre corps et de la chance que j’avais de pouvoir choisir cette nouvelle voie, après 15 ans passés dans les médias. Aujourd’hui je vous accompagne en cabinet dans le 9eme à Paris, je continue d’écrire pour le blog de l’école ainsi que pour « la naturopathie pour les filles » et je complète mon parcours avec la sophrologie. “

Carole Cesson – Naturopathe à Paris 9 (13 rue du Delta)  Réservations sur Doctolib – naturo.carolecesson@gmail.com 

Bibliographie

Enquête Odoxa sur l’obésité et le surpoids en France : http://www.odoxa.fr/sondage/enquete-epidemiologique-nationale-sur-le-surpoids-et-lobesite/

Ces graissent qui stimulent notre santé : https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/medecine-ces-graisses-stimulent-systeme-immunitaire-37894/

Surpoids et solutions naturelles : https://www.santeplusmag.com/surpoids-et-solutions-naturelles-le-secret-des-cellules-graisseuses-qui-font-maigrir/

Inserm : pour s’éviter un bide : c’est quoi le syndrome métabolique : https://www.inserm.fr/c-est-quoi/pour-seviter-un-bide-cest-quoi-le-syndrome-metabolique/

Syndrome métabolique : un lien entre une atteinte inflammatoire vasculaire et le microbiote intestinal : https://www.inserm.fr/actualite/syndrome-metabolique-lien-entre-atteinte-inflammatoire-vasculaire-et-microbiote-intestinal/

Gras et muscle ne font pas bon ménage : https://www.inserm.fr/actualite/gras-et-muscle-ne-font-pas-bon-menage/

L’obésité, une maladie du tissu adipeux : https://www.inserm.fr/dossier/obesite/

Microbiote intestinale, métabolisme énergétique et obésité : https://microbiome-foundation.org/microbiote-intestinal-metabolisme-energetique-et-obesite-partie-1/

Bien choisir les graisses : https://www.fedecardio.org/je-m-informe/distinguer-les-bons-des-mauvais-gras/

Les lipides : https://www.anses.fr/fr/content/les-lipides

Ce que les AGCC font pour notre santé : https://www.gutmicrobiotaforhealth.com/fr/ce-que-les-acides-gras-chaine-courte-font-pour-votre-sante/

Prise de poids : la faute aux plastiques :  https://www.alternativesante.fr/poids/prise-de-poids-la-faute-aux-plastiques

Enquête ObÉpi-Ligue contre l’obésité  – publication du 30 juin 2021

Le monde merveilleux du gras – Docteur Laurence Plumey

Illustrations /photos  Adobe et Pixabay

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