Comment réduire l’inflammation d’origine alimentaire

/ Alimentation et immunité /

Face aux agressions en tout genre dont le Covid n’est pas des moindres, l’une des préventions les plus accessibles à tous, consiste à réduire les sources d’inflammation causées par notre alimentation. Celle-ci ne doit pas contribuer à l’explosion inflammatoire provoquée par l’attaque virale.

Supprimer une partie de l’inflammation invisible qui s’opère dans tout organisme aujourd’hui, permet de mieux résister aux attaques virales. Polluants, sédentarité, faiblesses musculaires, métabolisme paresseux sont autant de facteurs externes et internes qui contribuent à l’inflammation. Mais avec une alimentation faible en toxines et riche en anti-inflammatoires, on a l’assurance de réduire efficacement ce niveau d’inflammation « à l’origine de 80 % des douleurs chroniques dites fonctionnelles qui nous empoisonnent la vie » rappelle Guy Roulier*.

D’étanche, l’intestin devient passoire silencieuse

L’alimentation constitue l’une des premières sources de toxines et de déchets exogènes pour notre organisme. Le microbiote dont les bonnes bactéries (appelées symbiotiques) sont mises à mal par une alimentation transformée trop riche en sucres rapides, en graisses saturées, en additifs alimentaires… ne peut plus assurer l’équilibre digestif. En théorie la paroi épithéliale composée d’une simple couche d’entérocytes recouverte de mucus et protégée par des bonnes bactéries, est étanche. Mais sur un intestin fragilisé, la membrane intestinale devient une passoire et laisse passer des molécules considérées par les cellules immunitaires comme de dangereux intrus. Un branle-bas de combat s’ensuit aussitôt dont nous n’avons aucunement conscience.

Mobilisation générale de nos défenses non spécifiques

Pour comprendre ce qui se passe, une petite parenthèse explicative est nécessaire. Imaginons nos intestins : ils abritent dans leurs parois, 80 % de notre système immunitaire, comme une véritable ligne de front du système immunitaire non spécifique (cela signifie que la réaction se déclenche quel que soit l’attaquant). En cas d’agression, une armée de macrophages, granulocytes et mastocytes se mobilisent immédiatement : les macrophages en phagocytant les toxines puis en libérant des messagers, les fameux cytokines responsables de la réponse inflammatoire (d’où l’expression de nuage cytokinique) ; les granulocytes en libérant des NK (Natural Killer) pour les neutraliser ; les mastocytes en déversant des substances chimiques appelées histamines destinées à alerter les cellules immunitaires dans d’autres parties du corps.

Acides gras essentiels et antioxydants

Cette réaction immunitaire silencieuse bien que qualifiée de bas grade, épuise notre système immunitaire car elle devient chronique. Pour éviter cette situation il s’agit d’en atténuer la cause alimentaire. Voici les principales mesures qui permettront de réduire cette inflammation :

– Réduire la consommation de viande rouge, riche en acides gras pro inflammatoires. Ainsi que les produits laitiers et les céréales mutées riches en gluten, deux  familles d’aliments que l’on digère mal et qui génèrent des fermentations et une production d’acides par les bactéries pathogènes qui les digèrent. Puis ces acides déclenchent à leur tour une réaction immunitaire donc de l’inflammation. Fermentation, acides, inflammation, un trio infernal que l’on veut éviter à tout prix, surtout en période de risque d’attaque virale comme le Covid.

– À l’inverse, on adopte chaque jour une alimentation saine (donc bio et sans pesticides) et non transformée. Principalement des légumes et des fruits crus ou cuits à cuisson douce pour ne pas en altérer les nutriments. Ainsi fait-on déjà rentrer une part importante des soldats dans leur caserne car ces aliments naturels, riches en anti oxydants ne font pas flamber notre système immunitaire. On privilégie aussi les aliments riches en acides gras essentiels qui agissent comme des anti-inflammatoires naturels : huiles pressées à froid à haute teneur en acides gras polyinsaturés principalement en Oméga 6 (l’acide linoléique, AL) et en oméga 3 (acide alphalinoléique, AAL). Les premiers se trouvant surtout dans les huiles d’onagre, bourrache et colza ; les seconds dans les huiles de lin, cameline, chanvre, poisson et huiles de poissons gras (sardines, maquereaux, harengs, anchois). Et on respecte l’équilibre quotidien : 4 doses d’Oméga 3 pour 1 dose d’Oméga 6.

On privilégie aussi les aliments bios, riches en polyphénols (thé vert matcha, betteraves, grenades, curcuma, myrtilles…) puissants anti -inflammatoires ainsi que la curcumine (extrait de racines de curcuma que l’on broie et que l’on ajoute aux soupes, salades et autres préparations). Selon les micronutritionnistes, cette curcumine est à ce jour l’un des plus puissants anti-inflammatoires naturels que nous fournit notre alimentation.

Chasse au stress et place au sport

En parallèle, on essaie de gérer son stress (marche au grand air tous les jours, exercices de respiration, méditation). Le stress est un grand générateur d’inflammation intestinale car il stimule le système sympathique qui ralentit la digestion et favorise du coup les fermentations des aliments qui stagnent dans l’intestin.

Enfin dernier « geste anti-inflammatoire » : la pratique d’une activité physique.Même en ces temps de Covid, il faut à tout prix maintenir celle-ci. Parmi ses qualités multiples pour notre santé, l’activité physique augmente le nombre de mitochondries qui sont les centrales énergétiques de nos cellules. Et plus nos cellules comptent de mitochondries, plus elles brûlent de déchets internes et plus les risques de produire des anticorps et donc de l’inflammation sont faibles.

Caroline Tancrède pour ISUPNAT 

Sources : 

L’inflammation silencieuse, Guy Roulier, éd. Dangles.

Les bactéries sont aussi vos amies des biologistes, Nicola Temple et Catherine Whitlock (Hachette santé).

 

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